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Une partie de ma vie de marin de commerce racontée en 140  histoires vécues.

Une partie de ma vie de marin de commerce racontée en 140 histoires vécues.

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Voyages

 

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Ma vie de marin de commerce (proverbes du bout du monde)

Proverbes
( du bout du monde)

Si tu ne peux  pas te débarrasser de ton ennemi, fais-en un ami.

(Comores)

Chaque matin en te levant, bats ta femme, si toi tu ne sais pas pourquoi tu le fais, elle, elle le sait.

(Algérie)

Ne donne pas un poisson chaque jour à un Malgache pour qu'il mange, apprends-lui à pêcher, pour qu'il puisse manger tout seul chaque jour.

(Madagascar)

Une femme pour avoir des enfants, une petite amie pour faire l'amour, et un petit ami pour rétablir ton équilibre sexuel.

(Japon)

Lorsque ta tête cogne contre une cloche, le son creux que tu entends n'est peut-être pas celui de la cloche.

(Chine)

II en existe bien sûr des centaines d'autres, mais je n'ai voulu mettre  dans ce livre que ceux qui m'ont vraiment été racontés sur place dans leurs pays respectifs.

 

Ma vie de marin de commerce (Animaux à bord)

Animaux à bord

Nos amis les bêtes et nous

Quelquefois lorsque j'embarquais sur un nouveau bateau, se trouvaient soit un chat, un chien et même une fois le chef cuisinier était revenu de terre avec un oiseau. Il obtint l'autorisation de se faire confectionner une volière par le service entretien pour son compagnon à plumes.

Au fil des voyages, la volière s'agrandit, mais ces volatiles eurent une fin tragique, car un novice quelque peu éméché et possédant une carabine à air comprimé, un soir de déprime fit un carton presque à bout portant, et les décima tous.  

Je ne vous raconte pas la colère du responsable des oiseaux, amenant le coupable à coups de pompes dans le derrière chez le Commandant, il fut catégorique.

-"Commandant, c'est bien simple, c'est lui ou moi. Si vous ne le débarquez pas immédiatement, c'est moi qui fais ma valise".

Comme c'était le chef cuisinier, et que le novice avait vraiment fait une faute grave, on le débarqua au premier port. Triste fin pour ces compagnons qui nous apportaient un petit peu de bonheur en les contemplant.

-   L'histoire de ce chien qui fut trouvé errant sur un quai à Alger. Maigre
mourant de faim, il fut recueilli et soigné par l'équipage. Il devint notre mascotte et
tout le monde l'adorait. On le voyait tantôt sur le pont, tantôt aux cuisines pour
réclamer sa pâtée, à la passerelle même où les officiers l'avaient également adopté.

Justement, un jour, le chien se trouvait à la passerelle. De retour à Alger pour quelques jours, dès la manœuvre d'amarrage terminée, des civils montèrent à bord, soit des gens de l'agence, soit des douaniers ou toute autre personne habilitée à monter à bord. Un groupe s'avança sur le pont, notre brave chien les voyait arriver. A un moment, il se mit à grogner, et personne ne put le retenir, il s'élança dans les coursives et alla mordre une des dix personnes.

L'homme ne nous fit pas trop d'histoire, il s'avéra que ce type, dès qu'il voyait le chien sur les quais, le chassait à coups de pieds. La pauvre bête ayant reconnu son bourreau voulait se venger. Durant toute la présence de l'individu à bord, le chien dut être enfermé, tant il était énervé. Il redevint calme dès son départ, et put enfin être libéré.

 -  Quelques chats aussi furent nos compagnons de voyage, mais pour eux, la vie à bord devenait compliquée, car ils souffraient tous de la maladie du fer, en se léchant constamment.       Ils mourraient presque tous d'eczéma. Un soir j'évitais que l'un d'eux ne passe par-dessus  bord, car un matelot complètement ivre, cherchait le félin partout pour, se vantait-il, le balancer par-dessus bord.

Etant sans doute aussi éméché que lui, je ne le lâchais pas d'une semelle parce que si je ne réussissais pas à l'empêcher de jeter l'animal à l'eau, je m'étais juré de balancer le coupable également par-dessus bord pour faire justice. Heureusement pour tout le monde, il ne trouva jamais l'animal ce soir-là, et le lendemain complètement décuité, il ne pensait plus à sa folie de la veille.

-    Un autre chien appelé "Bibine" sur un cargo. Les matelots lui servaient de la bière dans un couvercle de boîte de cirage, d'où son nom. La pauvre bête est morte d'une cirrhose. Et pour finir, ce dernier chien, il appartenait à un officier pont. Le pauvre, toujours enfermé dans la cabine, ne sortant jamais, il serait certainement mort, si le destin n'en avait pas décidé autrement.

Pendant une escale d'amarrage en France, l'équipage pont testait des aussières en nylon pour remplacer les traditionnelles cordes en chanvre trop lourdes. La manœuvre se passa mal, un filin cassa net et balaya le pont. Notre officier se trouvant sur la trajectoire eut les deux jambes cassées.

Son épouse appelée pour récupérer les affaires de son mari ne voulut pas s'encombrer du chien et nous le laissa. Il était temps, la pauvre bête qui restait toute la journée dans son panier trop petit pour lui avait les deux pattes avant ankylosées, il ne pouvait plus s'en servir.

A force de patience et d'amour envers cet animal, et surtout beaucoup de séances de rééducation sur le pont, en deux mois, il avait retrouvé l'usage de ses pattes, à la grande joie de tout l'équipage qui chacun à son tour avait participé à la guérison de notre petit malade.

 

Ma vie de marin de commerce (A Curaçao, le maître et le...)

Curaçao
Curaçao 

A Curaçao, le maître et le novice

Sortie non autorisée du novice seul

A Curaçao, et d'ailleurs dans tous les ports dits à risques (liste établie par les Armateurs, en fonction des événements politiques, des relations avec la France, et des tas de choses encore que les simples marins que nous étions n'avaient pas à savoir), le novice, mais également tout membre de l'équipage n'ayant pas atteint la majorité, ne pouvait descendre à terre sans être accompagné et pris en charge par un Maître.

Je me retrouvais donc un soir consentant pour "sortir" le novice. Je dis bien consentant, car ce n'était pas une petite affaire, il fallait signer un registre chez le Commandant, car dès cet instant ma responsabilité était engagée, et quoi qu'il arrive au novice, on se retournait sur le signataire. Donc pas question pour moi de me cuiter ce soir-là, encore moins de ramener une fille à bord, il fallait que je sois tout à mon devoir de chaperonner le nono.

Il fallait bien que ce jeune homme puisse aussi profiter des escales et faire quelques emplettes à terre s'il en avait envie.

Nous voici donc sur la terre ferme tous les deux, et quoi d'autre à faire, sinon de se rendre dans un bar, les boutiques étant fermées vue l’heure avancée de la soirée.

Pas la peine de rentrer dans la ville, le premier bistrot venu ferait très bien l'affaire. Comme dans tous les ports du monde, les bars à proximité des ports sont des bordox (bordels, appellation maritime ou parcs à buffles). Mais, comme annoncé plus haut, il n'était pas question pour moi de flirter, encore moins de laisser le novice s'abandonner au penchant si naturel d'un marin en bordée.

Attablé donc dans la salle, des canettes de bière devant nous, discutant avec le nono de choses et d'autres, je n'avais pas remarqué qu'une "fille" s'approchait de nous. Elle s'adressa à moi, et malgré mon ignorance de sa langue, je compris qu'elle me proposait la botte, car il y a des gestes et des signes qui ne prêtent pas à confusion.

Tout à mon devoir de protection du novice, je voulu lui faire comprendre que malheureusement ce soir-là, je devais faire abstinence, et pour renforcer mon explication gestuelle, je lui désigne le jeune homme à côté de moi.

Elle dut mal comprendre mes explications, car se saisissant en souriant de deux bouteilles de bière, et en tapant l'un contre l'autre les goulots, elle voulait de cette façon m'indiquer que deux hommes ensemble ne pouvaient pas faire grand chose.

Je compris à cet instant qu'elle n'avait rien saisi de ce que j'avais essayé de lui dire au sujet du novice, mais par contre, que son imagination partait ailleurs sur nous deux. Pour couper court, je lui pris des mains les canettes, et je tapotais les bouteilles, l'une sur l'autre, le goulot de l'une au cul de l'autre.

         Horrifiée, comprenant enfin ce que je voulais bien lui faire croire, elle s'enfuit.

De tout le restant de la soirée, nous eûmes une paix royale avec ces dames qui, par contre, nous regardaient de travers.

 

Ma vie de marin de commerce (Le ramonage)

Le ramonage

Panne de ramonage sur l'Isara

Toutes les vingt-quatre heures, une séquence automatique de ramonage se mettait en route pour nettoyer l'ensemble de la chaudière principale.

Depuis quelques jours déjà, le graisseur chargé de la chaudière avait prévenu le chef mécanicien. Quelque chose ne tournait pas rond dans le système, la séquence avait du retard dans le programme ou bien des parties entières n'étaient pas nettoyées. Bref, il fallait s'attendre à une panne plus conséquente, et parer au mieux car si le ramonage ne s'effectuait plus convenablement, la chaudière risquait de s'encrasser et de ne plus fonctionner.

Ce système de séquence automatique n'était pas d'origine, il était encore sous garantie, et chance pour nous, dans deux jours le navire mouillait un port français. Par contre, en attendant les spécialistes pour le dépannage, il nous fallait ramoner, mais manuellement.

C'est comme un téléviseur dont on se sert de la télécommande pour le faire fonctionner. Si la télécommande ne "marche" plus, on peut toujours commander la télé par ses propres boutons de réglage, sauf que dans le cas présent, les boutons de réglage (les ramoneurs manuels) étaient dispersés tout autour de la chaudière, une masse énorme de plus de vingt mètres de haut, sur dix de long et de large.

On accédait aux parties supérieures par des passerelles métalliques qui, en temps normal, ne servaient que pour des contrôles de routine, et surtout au port quand la machine est arrêtée et la chaudière éteinte.

Dans le cas présent en fonctionnement normal de la machine, il fallait être fou pour s'y aventurer tant la chaleur était suffocante. En y montant à mon tour pour actionner le ramoneur manuellement, la tête enrubannée de chiffons mouillés, je me disais qu'il fallait vraiment être obligé pour faire un tel travail. Seulement cinq minutes de ce supplice, et il nous fallait un bon quart d'heure de récupération sur le pont pour reprendre son souffle, et replonger dans la fournaise.

Sur ce bateau, ma femme voyageait avec moi. Au lieu de récupérer sur le pont, je suis allé dans ma cabine me reposer; en me voyant de la sorte, tout en sueur, enroulé de chiffons et surtout suffoquant, elle me mit deux claques magistrales, pour me remettre les esprits en place m'avoua-t’elle plus tard. La surprise fut telle qu'effectivement je récupérais vite, mais bientôt, il fallait retourner au supplice. La deuxième fois me parut plus supportable, peut-être l'habitude ou les gifles de l'épouse qui m'avaient secoué. Le ramonage manuel se terminait malgré tout, le lendemain les spécialistes montaient à bord. Ils modifièrent toute l'installation pour que pareille panne ne se reproduise plus jamais.

 

Ma vie de marin de commerce (Tahiti)

Les bons moments des escales au paradis
Les bons moments des escales au paradis 

Tahiti

Paradis terrestre

Dans les années soixante, quand on louait un bungalow, la vahiné était fournie avec*. Nous n'avions pas besoin de cela, elles montaient à bord toutes seules, même pas pour se vendre, mais s'offrir à nous. Le paradis, vous dis-je.

Sauf qu'une fois, cela a failli me coûter cher. Je prends la première qui s'offre à moi (la deuxième n'était pas mal non plus merci, mais une à la fois me suffisait amplement), sans savoir qu'elle appartenait à un légionnaire qui, la cherchant partout et, grâce au téléphone arabe, finit par la retrouver dans ma cabine.

Il m'expliqua que cela ne se faisait pas, que si je la lui avais demandé, il se serait fait un plaisir et un devoir de me la prêter, tout le cinéma quoi.

Je me voyais mal parti, mais ayant prouvé ma bonne foi, que je ne savais pas que la petite était maquée, promis juré, l'aventure se termina par une bonne cuite commune, et la fille nous prouva que deux types ensemble ne lui faisaient pas peur.

On avait dû lui apprendre à faire l'amour, pas la guerre.

- Une autre histoire à propos de la légion, quelques années plus tôt, un légionnaire se fait virer d'une boîte de nuit, il rumine sa vengeance, et revient en pleine nuit, après la fermeture, avec un bulldozer d'un chantier voisin, pour tout raser, il ne restait plus rien de l'établissement.

Plainte déposée par le propriétaire, le Commandant de la légion est venu à la barre pour le jugement et a calmé le plaignant avec un chèque généreux, couvrant largement la casse.

Prestige de l'armée ?

 

 

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